Sur les réseaux sociaux, le cycle syncing est présenté comme une révolution pour optimiser ses entraînements en fonction du cycle menstruel. Mais que dit réellement la science ? Une étude récente publiée dans The Journal of Physiology vient bousculer cette tendance en démontrant que la croissance musculaire ne varie pas selon les phases du cycle. Alors, mythe ou réalité ?
Le cycle syncing n’influence pas la croissance musculaire
L’étude, publiée dans The Journal of Physiology, a suivi des femmes jeunes et en bonne santé pendant trois mois afin de s’assurer qu’elles avaient un cycle menstruel normal. Contrairement aux idées reçues, seulement 12 % des femmes ont un cycle parfaitement régulier de 28 jours avec une ovulation pile au 14ᵉ jour. Les participantes ont ensuite réalisé des séances de musculation intense à deux moments clés de leur cycle syncing :
- La phase folliculaire, où les niveaux d’œstrogènes sont au plus haut.
- La phase lutéale, dominée par la progestérone.
Pour analyser l’impact de ces phases sur la synthèse musculaire, les scientifiques ont utilisé un traceur moléculaire, une méthode de pointe qui permet de suivre la production de nouvelles protéines dans le muscle. Résultat ? Aucune différence.
Un mythe alimenté par les réseaux sociaux
Sur Instagram et TikTok, des influenceuses expliquent que le cycle menstruel influence la performance et les résultats en musculation. Elles s’appuient souvent sur des études menées sur des animaux pour justifier l’idée que certaines phases du cycle syncing seraient plus propices à la prise de muscle.
Mais selon Lauren Colenso-Semple, autrice principale de l’étude et ancienne doctorante en kinésiologie : « Nos résultats vont à l’encontre de l’idée populaire selon laquelle il existerait un avantage hormonal à effectuer différents exercices selon les phases du cycle. Nous n’avons observé aucune différence, quel que soit le moment ».
Cette tendance du « cycle syncing », popularisée par des applications de suivi menstruel et des programmes de fitness spécialisés, n’a donc aucun fondement scientifique solide.
Un entraînement efficace, peu importe le moment du mois
Pour Stuart Phillips, professeur et directeur de recherche sur la santé musculaire à l’Université McMaster, le message est clair : « Notre travail montre que les femmes qui veulent soulever des poids et renforcer leurs muscles devraient se sentir libres de le faire à n’importe quelle phase de leur cycle. Il n’y a aucune différence physiologique dans la réponse à l’exercice ».
En d’autres termes, vous n’avez pas besoin d’attendre « le bon moment du mois » pour progresser en musculation. Ce qui compte vraiment, c’est la régularité de l’entraînement, l’alimentation et la récupération.
Faut-il abandonner complètement le cycle syncing ?
Si l’idée d’adapter ses séances au cycle syncing n’a pas d’impact direct sur la croissance musculaire, cela ne veut pas dire que les femmes ne doivent pas écouter leur corps. Certaines peuvent ressentir une fatigue accrue ou des douleurs à certains moments du mois, ce qui peut influencer leur motivation et leur performance.
L’étude insiste d’ailleurs sur l’importance de personnaliser son entraînement en fonction de ses sensations, et non pas d’un calendrier hormonal théorique. «Il est important d’adapter son entraînement à ce que l’on ressent », ajoute Stuart Phillips.
Ce que cette étude change pour vous
Si vous vous demandiez si vous deviez modifier votre routine de musculation en fonction de votre cycle, la réponse est simple : faites ce qui fonctionne pour vous. Il n’existe aucune restriction physiologique qui justifie d’éviter certains types d’exercices à certaines périodes.
Au lieu de suivre aveuglément des conseils trouvés sur les réseaux, voici quelques recommandations basées sur des faits scientifiques :
- Soyez régulière : la constance est la clé du progrès.
- Écoutez votre corps : si vous vous sentez fatiguée, ajustez l’intensité de l’entraînement.
- Mangez suffisamment : la nutrition joue un rôle clé dans la récupération et la performance.
- Ne vous laissez pas piéger par les tendances : ce qui fonctionne, c’est ce qui est prouvé scientifiquement.
Si cette étude met fin au débat sur l’influence du cycle menstruel sur la prise de muscle, les chercheurs estiment que davantage d’études doivent être menées sur l’entraînement des femmes.

