C’est le genre de révélation qui réveille le monde scientifique : un gène connu de tous, mais jusqu’ici vu comme simple indicateur biologique, serait en réalité l’un des acteurs clés de la maladie d’Alzheimer. Et le plus étonnant ? Il jouait ce rôle en toute discrétion. Une équipe de chercheurs de l’université de Californie à San Diego lève le voile sur cette fonction insoupçonnée, et ouvre la voie à une toute nouvelle stratégie thérapeutique.

Quand un biomarqueur devient coupable ?

Le gène en question s’appelle PHGDH. Jusque-là, les scientifiques l’avaient identifié comme un simple biomarqueur sanguin, utile pour repérer précocement des signes d’Alzheimer. Mais les travaux récents démontrent une réalité bien plus percutante : PHGDH est directement impliqué dans le développement de la maladie.

Grâce à des expériences menées sur des souris et des organoïdes cérébraux humains, les chercheurs ont montré que la quantité d’expression de ce gène influençait l’évolution de la maladie. Moins de PHGDH ? Moins de symptômes. Une hausse ? Et la pathologie s’accélère. Cette corrélation reproductible à travers plusieurs cohortes a mis la puce à l’oreille à l’équipe, qui a décidé de creuser plus loin.

Une fonction cachée révélée par l’intelligence artificielle

Et c’est là que tout bascule. En s’appuyant sur des outils d’IA avancée pour modéliser la structure en 3D de la protéine PHGDH, les scientifiques ont découvert un détail inattendu : un repli structurel ressemblant fortement à un domaine de liaison à l’ADN, typique de certains facteurs de transcription. Ce « moonlighting role » – ou fonction secondaire – de la protéine, qui n’a rien à voir avec sa tâche enzymatique connue (la production de sérine), dérègle l’activation de certains gènes dans le cerveau, entraînant les premiers dérèglements d’Alzheimer.

En clair, PHGDH double sa casquette. D’un côté, une enzyme métabolique classique ; de l’autre, un perturbateur de l’expression génétique. Et c’est cette deuxième fonction qui semble amorcer la cascade neuronale fatale à la mémoire.

Un traitement en embuscade

Face à cette découverte, la question du traitement potentiel s’est vite posée. Plutôt que de cibler l’activité enzymatique – risquée car essentielle – les chercheurs ont exploré la piste de NCT-503, une molécule déjà connue pour interagir avec PHGDH.

Ce petit composé à deux atouts de poids : il pénètre la barrière hémato-encéphalique, et surtout, il inhibe précisément la fonction régulatrice sans toucher à l’activité enzymatique. Testé sur des modèles murins, NCT-503 a permis de ralentir significativement la progression de la maladie, avec une amélioration notable des performances cognitives et comportementales.

Et maintenant ?

La route vers un traitement homologué reste longue, mais cette étude redonne un véritable espoir dans le traitement précoce des formes spontanées d’Alzheimer. Alors que les approches classiques visent les plaques bêta-amyloïdes, souvent trop tardivement, cette découverte agit en amont, avant même que ces dépôts n’apparaissent.

Dans un monde où la santé cérébrale est devenue un enjeu majeur, ce changement de paradigme suscite l’attention. PHGDH n’est plus un simple indicateur, c’est une cible stratégique. Et avec lui, la promesse de traitements plus agiles, plus efficaces et potentiellement administrables par voie orale.

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À propos de l'auteur

Lydia Mahfouf

Passionnée par le fitness et la nutrition, je suis constamment à la recherche des dernières tendances qui font le buzz sur les réseaux sociaux. Mon objectif est de vous partager des conseils pratiques, des recettes délicieuses et des astuces pour intégrer le bien-être dans votre quotidien.

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